Utiliser l’IA pour ses posts : pourquoi le copier-coller ne marche plus.
Tu as ouvert ChatGPT, tu as tapé « écris-moi un post LinkedIn sur la gestion du temps », tu as copié, tu as collé, tu as publié.
…Et tu te demandes pourquoi ton post fait trois likes, voir aucun …
Je vais être franche : ce n’est plus une question de chance ni d’algorithme. C’est une question d’authenticité. En mai 2026, ton audience repère un texte 100 % IA en trois secondes. Et quand elle le repère, elle scrolle.
Ça ne veut pas dire qu’il faut bannir l’IA. Au contraire. Mais il faut apprendre à s’en servir comme d’un outil. Je t’explique comment.
Pourquoi le contenu 100 % IA ne fonctionne plus.
Tout le monde reconnaît désormais le Style « ChatGPT ».
En 2026, ton audience est entraînée.
Elle voit passer des dizaines de posts générés chaque jour. Elle a appris à repérer les signaux : phrases courtes martelées en rafale, listes à puces avec ▪️ ou ✔️, triples énumérations, formules toutes faites comme « Je lis. Je réponds. Toujours. », accroches en gras avec des caractères spéciaux 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐜𝐞𝐮𝐱-𝐜𝐢.
Quand le lecteur identifie ces marqueurs, il décroche. Ce n’est pas parce que le contenu est faux, mais parce qu’il sent et sait que personne n’a vraiment écrit ce post.
Je te cite un exemple : je connais une coach pour dirigeant qui publie depuis six mois des posts visiblement générés. Trois paragraphes parfaitement équilibrés, trois questions rhétoriques, trois solutions. Ses likes ont été divisés par cinq depuis le début de l’année. Pourtant son expertise est réelle, mais son contenu sent l’IA de loin.
Le paradoxe qui te dessert.
Si tu es thérapeute, coach, formatrice, accompagnante, bref, si tu vends de l’humain, alors confier ta voix à une IA, c’est saboter ta promesse.
Ton prospect se dit : « Si elle n’écrit pas elle-même ses publications, qu’est-ce qu’elle va déléguer à l’IA quand je travaillerai avec elle ? »
Le doute s’installe. Et dans un métier de confiance, le doute, c’est la fin de la conversation.
Un autre exemple qui va te parler : imagine une psychologue qui poste « 5 signes que tu fais un burn-out » avec une mise en page Canva impeccable et un texte au cordeau, parfaitement IA. À côté, une autre psy qui écrit en 80 mots « Hier, une patiente m’a dit : « Je tiens parce que je n’ai pas le choix. » Cette phrase qui m’a alertée. » La deuxième a gagné. Et ce n’est pas grâce à sa technique, mais grâce à sa présence.
Ce qu’elle fait très bien :
Il y a des tâches où l’IA te fait gagner un temps précieux, sans rien dégrader :
Sortir de la page blanche. Tu lui demandes 10 angles possibles sur un sujet, tu en gardes un, tu l’écris, toi.
Te relire. Tu colles ton texte, tu lui demandes ce qui n’est pas clair, les fautes. Tu corriges, toi.
Reformuler une phrase qui coince. Tu lui demandes 3 versions, tu prends ce qui te ressemble et tu réécris à ta manière.
Brainstormer des titres, des accroches, des CTA. Tu pioches, tu adaptes.
Structurer un plan. Tu lui dictes tes idées en vrac, tu lui demandes une trame logique. Tu remplis avec ta parole.
Tiens, je te partage mon expérience : pour mon dernier Reel j’ai demandé à l’IA « propose-moi 3 idées de Reel sur comment compléter un lien en Story ». J’ai mixé deux idées qui me plaisaient, je les ai retravaillées et j’ai filmé ma version.
Ce qu’elle fait très mal.
L’IA ne peut pas te donner :
Le souvenir précis d’un client réel, avec son prénom, sa phrase exacte.
Ton humour, ton accent, tes tics de langage.
Le détail bizarre qui fait que c’est vrai (la pluie qui tombait ce jour-là, la patiente qui a éclaté en sanglots à la 3e séance, ta gêne d’avoir posé telle question).
Tes opinions tranchées, parce qu’elle est entraînée pour ne déplaire à personne.
Et ce sont ces éléments-là qui font qu’un post est lu.
Les bonnes pratiques pour publier sans te trahir.
Règle 1 : commence par écrire, demande de l’aide ensuite :
Mets tes idées sur papier (ou dans une note vocale) avant d’ouvrir ChatGPT. Même si c’est mal structuré et plein de fautes. C’est ta matière brute, c’est elle qui contient ta voix.
Ensuite tu peux demander à l’IA de t’aider à clarifier et structurer. Mais le point de départ, c’est toi.
Par exemple, pour cet article, j’ai donné tous mes arguments à CLAUDE, au lieu de demander « écris-moi un article sur l’IA ». J’ai écrit d’abord 15 lignes sur tout ce que je penses de l’utilisation de l’IA et je lui ai donné mes exemples. Puis j’ai collé tout à CLAUDE et je lui ai demandé de créer des paragraphes et de structurer ma pensée.
Règle 2 : injecte du concret que l’IA ne peut pas inventer.
À chaque post, demande-toi : est ce qu’il y a de moi dans ce texte ?
Si la réponse est « non», ne publie pas.
Ce « moi », ce sont :
Une scène précise (date, lieu, personne).
Une phrase entendue.
Un détail sensoriel.
Une opinion que tout le monde ne partage pas.
Un échec, un doute, une contradiction.
Un exemple concret : Quand j’écris mes articles sur les RDV Femmes de Bretagne et Loire Atlantique, je garde en mémoire les échanges que j’ai eu avec les personnes à côté de moi, comme ça je peux citer des exemples précis de conversations d’entrepreneures.
Règle 3 : enlève les tics de mise en page IA.
Si ton texte contient des ▪️ ✔️ ❓ en début de ligne, des phrases ultra-courtes en rafale (« Tu avances. Tu réagis. Mais tu subis. »), ou des accroches en caractères Unicode bizarres : enlève-les. Ce sont les drapeaux rouges du contenu généré.
Préfère des phrases qui respirent, des paragraphes inégaux, du texte qui ressemble à de la conversation.
Par exemple : remplace
« ▪️ Clarifier ta promesse ▪️ Structurer ton offre ▪️ Mesurer tes résultats »
par
« On clarifie ta promesse, on structure ton offre, et oui, on regarde si ça paie parce qu’à la fin, c’est ça qui compte. »
C’est la même info. Mais la deuxième version, c’est toi qui parles.
Règle 4 : garde ton style, même si l’IA te corrige.
Si tu utilises beaucoup le « tu », des expressions familières, des bouts de phrases inachevées, des points d’exclamation : garde-les. L’IA va vouloir lisser ton texte vers un français professionnel neutre.
Donne-lui des consignes claires : « garde mon tutoiement, garde mes expressions, ne polis pas mon ton, ne mets pas de listes à puces. »
Par exemple pour ma marque, c’est l’absence de jargon et le tutoiement direct. Quand je demande de l’aide à une IA pour relire un texte, je précise toujours : « ne remplace pas mes « tu » par des « vous », écris le texte comme si c’était moi, ne met pas de jargon marketing » Sinon le texte ne me ressemble plus.
Je te dirais pour conclure,
L’IA, c’est un outil formidable quand elle reste à sa place.
Si tu l’utilises pour brainstormer, structurer, te relire, gagner du temps sur les tâches mécaniques : tu gagnes en efficacité sans perdre en authenticité. Si tu l’utilises pour écrire à ta place : tu publies, mais tu disparais derrière ton propre contenu. Et ton audience le sent.
On vit dans un monde où l’IA produit des milliards de mots par jour. Dans ce bruit-là, ce qui devient rare et donc précieux c’est ta voix. Tes hésitations, tes anecdotes, tes opinions tranchées, ton style à toi qui ne ressemble à personne d’autre.
Donc, la prochaine fois que tu ouvres l’IA pour écrire un post, demande-toi : est-ce que je m’en sers pour gagner du temps ou pour faire comme tout le monde ?
Voilà, n’hésite pas à me donner ton point de vue sur l’IA toi aussi.
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